Pourquoi je range la cuisine avant de pouvoir m'asseoir
Il est 22h30. L'assiette est dans l'évier, le plan de travail brille, et tu repasses un coup d'éponge dessus. Encore ça, et après tu t'assieds.
Tu essuies la table, tu ranges l'éponge dans son coin, tu alignes les chaises. Tu plies le torchon en deux au lieu de le jeter sur la barre. Chaque geste en amène un autre et tu ne les comptes pas, tu les fais. La cuisine est propre depuis dix minutes et tes mains bougent encore. J'aime bien cette image, honnêtement, quelqu'un qui tient debout tout seul dans sa cuisine à 22h30.
La phrase qui tourne, c'est : je ne peux pas m'asseoir dans un bazar. Sauf qu'il n'y a plus de bazar. T'asseoir, à ce moment-là, ça ne ressemble pas à te reposer. Ça ressemble à reconnaître que la journée est finie, que rien d'autre n'arrivera ce soir. Alors tu restes debout une éponge de plus. Et le repos, lui, attend dans l'autre pièce.
La cuisine est propre depuis dix minutes, mais tes mains bougent encore.
Je me demandais…
Elle aurait quoi de si dur, une soirée où tu t'assieds tout de suite ?