Pourquoi j'ouvre le frigo alors que je n'ai pas faim
Il est presque minuit. Tu te lèves du canapé, tu traverses la cuisine, tu ouvres le frigo. Tu n'as pas faim et tu le sais très bien.
La lumière s'allume, l'air froid arrive sur ton visage, et tu lis les étagères comme une page : le reste de fromage, le yaourt entamé, le lait à moitié plein. Parfois tu prends un morceau de quelque chose, juste pour que ta main ait un geste à faire. Le plus souvent tu refermes sans rien. Deux minutes plus tard, tu ne sais toujours pas ce que tu cherchais là-bas. Ça me touche, ce petit trajet entre le canapé et la cuisine.
Avant de te lever, tu étais sur le canapé, le téléphone allumé, à faire défiler des choses que tu auras oubliées dans dix minutes. Aller jusqu'au frigo, c'est changer de pièce sans rien changer d'autre. Trois secondes où personne ne réclame rien : il y a juste du lait, du fromage, un pot de moutarde. Et pendant ce temps la soirée s'étire, et ce que tu ne veux pas décider t'attend toujours sur le canapé.
Devant les étagères ouvertes, pendant trois secondes, personne n'attend rien de toi.
Je me demandais…
Tu ferais quoi de ta soirée, si ce qui t'attend sur le canapé ne te faisait plus peur ?