Pourquoi je vérifie la porte trois fois avant de partir
Il est 8h14. Tu as entendu le clic, tu es déjà dans l'escalier, et ta main repart vers la poignée.
Les clés sont dans ta poche depuis dix secondes. Tu sais que c'est fermé, tu le savais avant de vérifier, et ta main y retourne quand même, tourne, pousse. Ce n'est pas une décision : elle est tendue avant que la phrase ait le temps de se former. Deux marches plus bas, la question revient. Tu te dis «je suis sûre d'avoir fermé», parfois presque à voix haute dans la rue, et ça ne change rien.
La porte n'a jamais été la vraie question. Ce que le geste fait taire, c'est quelques secondes, le temps de sentir le métal résister. Puis le doute repart un peu plus loin, sur le four, sur le message que tu rouvres pour relire ce qui a déjà été lu trois fois. Ce que ça coûte, ce n'est pas la minute. C'est que tu sors de chez toi en te faisant un peu moins confiance chaque matin, et ça, ça me serre le cœur.
La porte n'a jamais été la vraie question.
Je me demandais…
Ça te ferait quoi, de sortir un matin en te croyant du premier coup ?